28 ΑΠΡΙΛΙΟΥ 2010

εφημερίδα Le Monde

Συνέντευξη στην Catherine Simon

Déçus par leurs responsables politiques et humiliés par la crise, les Grecs laissent parler leur colère Article paru dans l'édition du 28.04.10 Les Athéniens ne croient pas aux vertus de la rigueur.

 

Certains craignent une revanche de la rue Il est âgé de 22 ans et n'a plus qu'une idée en tête : quitter la Grèce, devenue « comme un pays du tiers-monde ». Stavros n'a pas attendu l'appel au secours du premier ministre, Georges Papandréou, sollicitant officiellement l'aide financière de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI). Mais « cela a été la goutte d'eau », explique le jeune homme, étudiant en anthropologie sociale à la faculté de sciences politiques d'Athènes. Chez tous les Grecs croisés ces derniers jours dans les rues de la capitale, le désespoir est unanime, teinté de honte ou de colère, masqué d'un sourire, souvent.

 

Les vertus de la rigueur, prônées par Bruxelles et Washington, Stavros n'y croit guère : « Cela va peut-être produire du mieux... dans trente ans ! ironise-t-il. En attendant, on va le payer en licenciements », ajoute le candidat à l'émigration. Le pays de ses rêves ? L'Allemagne. Malgré l'avalanche des critiques lancées contre la Grèce par une presse d'outre-Rhin goguenarde, relayant, sans prendre de gants, l'officielle frilosité de la chancelière, Angela Merkel ? « Je veux partir pour finir mes études et trouver un job. En Allemagne ou ailleurs, ce sera plus facile qu'ici », s'agace Stavros.

 

Assises dans l'herbe, au milieu du petit jardin fleuri de bougainvilliers qui borde la faculté, Vana et ses amies, étudiantes en psychologie, se disent « inquiètes », elles aussi, à l'idée du chômage et des licenciements. Mais encore ? « Les gens se disent : «Voilà ! On est comme les Africains», soupire Vana. Tout le monde en veut aux hommes politiques et au gouvernement, qui nous ont menés dans l'impasse. » Ses parents sont fonctionnaires. « Eux aussi, ils ont peur », dit la jeune femme.

 

Il n'y a guère que Manos, étudiant en sciences politiques, qui ose se réjouir à voix haute à l'idée que l'UE et le FMI mettent leur nez dans les comptes de la Grèce. « C'est notre dernière chance, si l'on veut sortir le pays de l'ornière », affirme le jeune homme, fustigeant, lui aussi, les « politiciens », qui ont « menti et détourné l'argent de l'Union européenne pour le mettre dans leurs poches ». Pour Manos, le fait que la Grèce fasse partie de l'UE est une bénédiction. « Sans cela, on serait un pays du tiers-monde », explique-t-il, comparant l'UE à une « famille », dont les membres doivent « s'aider les uns les autres ». Comme Vana, Manos a l'intention de voter lors des prochaines élections (régionales) de novembre. Pour qui ? Lui non plus, il n'en sait « trop rien ». Ce couple de commerçants, marchands de meubles à la retraite, rencontrés au pied de l'Acropole, voteront-ils pour l'extrême droite ? La classe politique est « pourrie, à droite comme à gauche », disent-ils, et, « pour la première fois » de leur vie, ils ont « peur de l'avenir ». Ils ne reconnaissent plus leur pays, ajoutent-ils, désignant, d'un mouvement de la tête, un trio d'Africains, en train de jouer de la musique devant un demi-cercle de touristes. « Les immigrés, il y en a trop. Certains sont capables de tuer pour un billet de vingt euros ! Je ne vous mens pas, c'est arrivé », répète la vieille dame.

 

Le plan d'austérité, annoncé début avril par le gouvernement Papandréou, prévoit notamment le gel des retraites, une diminution des salaires et une augmentation du prix de l'essence. De nouvelles mesures devraient suivre. « Il faut qu'on en voie le détail. Mais, a priori, le pays est parti pour subir une récession profonde », prédit l'économiste Savas Robolis, directeur scientifique de l'Institut du travail, expert auprès des syndicats GSEE (secteur privé) et Adedy (secteur public).

 

Dénonçant, sans se faire prier, documents à la clé, les fléaux d'une économie rongée par la « corruption » à haut niveau - « en particulier dans les travaux publics » -, par le « mensonge » des gouvernants - s'agissant des bilans statistiques, notamment - et par un « clientélisme effréné », le professeur Robolis n'en déplore pas moins une mise en accusation trop brutale et trop générale. « OK, la Grèce a fait des bêtises. Mais nous montrer du doigt de cette manière... On se sent blessé au coeur », lâche-t-il.

Selon l'économiste des syndicats, la priorité est de « tout faire pour ne pas sortir de la zone euro ». C'est la seule manière, prévient-il, d'empêcher la Grèce de « rejoindre dans la dégringolade les pays d'Amérique latine », frappés par la crise financière.

 

« On a honte, oui... de nos hommes politiques ! », s'exclame Pantelis Melissinos, fabricant de sandales et faiseur de poèmes, installé, comme son père et son grand-père avant lui, dans l'atelier-boutique de la rue Aghias-Theklas, à deux pas de la place Monastiraki. « On vote pour eux, mais on ne les aime pas. Ils nous tiennent en otage », insiste-t-il. La Grèce est « malade de ses politiciens et de ses fonctionnaires », mais le remède que les experts veulent lui administrer doit l'être « avec doigté ».

Il se méfie du FMI et craint une revanche de la rue. « Les Grecs sont bouleversés. Et pourtant ! conclut-il, nous ne réalisons pas encore ce qui va nous tomber dessus... »

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